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Full text of "Souvenirs d'outre-mer [microforme]"

CIHM 
Microfiche 
Séries 
(l\/lonographs) 



ICIVIH 

Collection de 
microfiches 
(monographies) 




Canadian Institut* for Historical Microraproductiont / Institut canadian da microraproductions historiquas 






Technical and Bibliographie Notes / Notes technique et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy available for filming. Features o( this copy which 
may be bibliographically unique, which may alter any of 
the images in the reproduction, or which may 
significantly change the usual method of filming are 
checked below. 







D 
D 
D 



D 



Coloured coveis / 
Couverture de couleur 



I I Covers damaged / 

' — ' Couverture endommagée 

I I Cortr: rcsiored and/or laminated / 

' — ' Couverture restaurée et/ou pelliculée 

I I Cover title missing / Le titre de couverture manque 

I I Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

I I Coloured ink(i.e.otherthanblue or black)/ 

— Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

I I Coloured plates and/or illustrations / 

' — ' Planches et/ou illustrations en couleur 



Sound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge intérieure. 

Blank leaves added during restoiations may appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve 
been omitted from fHmlng / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, lorsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas élé filmées. 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode nonnale de fllmage sont indiqués ci-dessous. 

I I Coloured pages /Pages de couleur 

I I Pages damaged /Pages endommagées 

I I Pages reotored and/or laminated / 
' — ' Pages restaurées et/ou pelliculées 



S 



Pages discoloured, stained orfoxed / 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 



I I Pages detached/ Pages détachées 
r^ Showthrough/ Transparence 

D 



Quality of print varies / 
Qualité inégale de l'impression 



I I Includes supplementary material / 
— Comprend du matériel supplémentaire 

I I Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc., ont été filmées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
image possible. 

I 1 Opposing pages with varying colouration or 
' — ' discolouretions are filmed twice to ensure the 
best passible Image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variables ou des décol- 
orations sont filmées deux fols afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



D 



AdcMonal commente / 
Commentaires supplémentaires: 



This itsffl it filmsd at th« raduetion ratio chaekad balow/ 

C< doc u mant ast filmi au taux da réduction indiqué ci-datsou>. 

^OX 14X 1IX 



Z2X 



XX 



y 



12X 



20X 



24 X 



Th* copv (ilmad har« has b««n raproducad thanki 
to tha a*naro(itv of : 

National Llbrary of Canada 



L'aHamplaira filmé fut raproduit grica i la 
généralité da. 

Bibliothèque national» du Canada 



Tha imagat appaaring hara ara tlia baat quality 
poasibia coniidaring tha condltior< and lagibiliiv 
of tha original copy and in kaaping with tha 
filming contraet apacificationa. 



Las imagaa luivantat ont été raproduitat ivac la 
plus grand loin, compta tanu da la condition at 
da la nanaté da l'aïampiaira filmé, ai an 
conformité avac laa condition* du contrat da 
filmaga. 



Original copias in printod papor covara ara flimad 
baginning with ttM front covar and anding on 
tha last paga with a printad or illustratad impraa- 
sion, or tha back covar whan appropriata. AH 
othar original copiaa ara filmad baginning on tha 
first paga with a printad or Illustratad impraa- 
sion, and anding on tha laat paga with a printad 
or illustratad impraasion. 



Laa axamplalras originaux dont la couvsnurs sn 
papiar aat impriméa sont filmés an eommançant 
par la pramiar plat at an tarminant soit psr Is 
darniéra paga qui comporta uns smpraints 
d'imprassion ou d'illustration, toit par la sscond 
plat, salon la cas. Tous las sutrs» axampisirn 
originaux sont filmés an commançant par la 
pramiéra page qui comporta une amprainta 
d'impreasion ou d'illustration at an terminant par 
la darniéra paga qui comporta une telle 
empreinte. 



Tha laat racorded freme on eech microfiche 
shsil contain tha symbol ^» Imeening "CON- 
TINUED"), or the symbol V Imeening "END"), 
whiehever applias. 

Meps. pistes, charts, etc., mey be filmed et 
différent réduction retios. Those too large to be 
antirely included in one exposure ara filmad 
baginning in tha upper left hend corner, laft to 
right and top to bottom, as many framas as 
raquired. TIta following diagrama illuatrata tha 
method: 



Un dea symboiaa suivants sppareitra sur la 
dernière imege de chaque microfiche, selon le 
ces: le symbole ^W' signifie "A SUIVRE". Is 
symbole V signifie "FIN". 

Les cartea, planches, tableaux, etc., peuvent être 
filmés é des taux de réduction différants. 
Lorsque le document est trop grsnd pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé é partir 
de l'angle supérieur gauche, de gauche à droite, 
et de haut en bes, en prenant la nombre 
d'imeges nécssseire. Les diegrammes suivants 
illuatrent le méthode. 



1 2 3 




1 


2 


3 


4 


5 


6 



MKaoeofY nsmuTioN tbt chait 

(ANSI and ISO TEST CMART No. 2) 




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1.25 



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A ><PPLIED IIVMGE I 

I^B^: 16S3 Cost Moin Street 

^■a Rochwtef, New York U609 USA 

■■^g (716) 482 - 0300 - Phone 

^S ('16) 288- 5989 -Fa« 



SOUVENIRS D'OUTRE-MER 



PAR 



Z. A\AYRAND 



Membre de la Société des gens de lettres. 



(àf*£) 



MONTRÉAL 
1912 



t • 



;i 



* ♦ 



1 



ECOLE NORMALE Cî-fAM-.,-v. 



AT 



SOUVENIRS DOUTRK-/^EK 



\ 



! 



1 



SOUVENIRS DOUTRE-AER 



Z. A\ayrand 



MKMHin: I>K I.A SOClklK IH:h ♦jkns IiK I.TITrjKS 



:^^^ 



N 



moxtrha: 
1912 



Af37 



SDUVBXIRS DOUTIIE-MSI! 



I.E DEPART. 



Qui ne s'est pas laissé bercer dans sa jeunesse 
par l'idéal d'un voyaRe d'outre-mer ? 

Pour l'être humain, pour cette intelligence ser- 
vie par des organes, où de sublimes aspirations 
font entendre leur grande voix sous le souffle divin, 
y a-t-il rien de plus attrayant que de voguer vers 
l'inconnu, de contempler l'immensité des mers fai- 
sant face à l'immensité des cieux ? 

Enfin, mon rêve allait se réaliser : par une bril- 
lante matinée du mois d'août, j'étais au nombre 
des heureux passagers du "Victorian". 

Je voyais, non sans éprouver de vives émotions, 
le fier léviathan évoluer majestueusement dans le 
port de Montréal, auquel je disais un adieu momen- 
tané, au milieu des salutations affectueuses de mes 



10 



SOUVENins ))i>UrKE-MEll 



parents et amis, agitant leurs mouchoirs, comme 
pour me souhaiter un heureux voyage. 

I<orsque notre palais flottant défila vis-àvis 
l'église Bonsecours, mes regards se portèrent natu- 
rellement avec amour et confiance vers la patron- 
ne des marins, ayant ses bras maternels tendus 
vers la rade de la métropole, comme pour la bénir 
et la sauvegarder. 

* i« -» 

Nous descendons le fleuve St-L,aurent, aux ri- 
ves fleuries, jalonnées par les clochers étincelants 
de nos belles paroisses canadiennes, les premières 
colonisées par nos pieux ancêtres. 

Quand je vis apparaître à l'horizon la flèche de 
l'église de mon village natal, je sentis mon cœur 
battre plus fort : 

—J'avais devant moi l'inoubliable tableau des 
lieux qui m'ont vu naître, témoins de mes premiè- 
res courses dans la carrière de la vie ; et que de 
beaux souvenirs y sont attachés ! 

" Objeis insiniinés. avez-voiis iloiic une âme, 

" Qui s'altnclie A notre âme et la force (l'aiiner ?" 



SOITVENIIÎS 1) OlTKK-MKIt 



11 



Ce Rrantl fletive sur le sein duquel notre navire 
glissait rapidement, me représentait la course de 
nos jours, que rien ne peut arrêter, jusqu'au mo- 
ment inéluctable où nous nous engouffrons dans cet 
océan inconnu que l'on nomme éternité. 

■^ O ■>► 

Vous stoppons 11 Québec, à l'heure où les om- 
bres de la nuit commençaient à voiler l'horizon. 

Nous admirons les sites pittoresques de la vieil- 
le cité de Champlain et de I^vis, scintillante sous 
l'éblouissante lumière des myriades de lampes élec- 
triques qui éclairent le port. 

Plus tard, défilent devant nous les bords en- 
chantés de l'île d'Orléans, Keauport et son temple 
majestueux, la chute Montmorency, Bte-Anne de 
Beaupré, ce sanctuaire si cher au cœur des Cana- 
diens nous rappelant les inépuisables faveurs de la 
grande Thaumaturge. 

— Puis les rives semblent s'éloigner et nous fuir, 
les horizons s'élargissent ; nous sommes dans le 
golfe, nous longeons les côtes de la Gaspésie, l'île 



IS 



•SOUVKXIRS rVorTRK-MEH 



d'Anticosti. le Labrador ; „ous voici déjà dans le 
détroit de Belle-Isle. à la sortie duquel J Jr nous 

Bientôt nous perdons de vue les côtes de Terre- 
cirtlUr"^^-"--'''----navire;;e 



- <i - 



dans le 
ler nous . 



SOI VKXllîs iMiL-rKE-MER 



1» 



EN MER. 



Voici l'instant solennel pour le voyageur d'ou- 
tre-mer qui est à sa première traversée ; instincti- 
vement nous vient cette pensée : 

" Je suis à la m^fci des flots ; au-dessus et au- 
" tour de moi, le vide, l'iitimensité ; " 

" Au-dessous de moi, des abîmes insondables. " 

I<e steamer qui nous porte semble un jouet sur 
le vaste empire de Neptune, exposé aux tempCtes et 
aux cyclones. 

Rien de mieux que l'aspect de l'océan pour nous 
faire songer à la puissance de Dieu, à la fragilité 
te humaine, à la petitesse de l'homme, à la grandeur 
|de l'âme immortelle. 

Me promenant .sur le tillac, j'aimais à laisser 



t 



14 



.s(H\£xii;« iM»i"rRi:-,MKi! 



errer mon imagination dans le vajïue de la grandi 
nature qui m'environnait et me dominait sous m 
charme mystérieux. 

Voulant garder mémoir des inspirations dont 
j'étais bercé sur 1rs flots, je pris la plume et j'écri- 
vis les vers qui suivent : 



• Je ne vois devant moi que l'atmosphère et l'onde ; 
' On n'entend pour tout bniit que la voix des autans 
' Je parais un atome en l'océan qui gron<le ; 
' Tous les orgueils humains r'e semblent des néants.' 

' Que de drames affreux, immensité muette, 
' N'as-tu pas vus, hélas ! et celés à jamais ! 
' Si ta pouvais parler, confidente discrète, 
' I,a terre en frémissant apprendrait tes secrets." 



' En bravant les fureurs de la vagtie écuniante, 
" J'aime à voir le vapeur ballotté par les ilôts ; 
' J'aime entendre mugir et siffler la tourmente. 
• Où se mêle parfois le chant des matelots." 



NOUVEN'IRS noL'TIte-HER 



15 



la grande 
■ sous un 

ions dont 
et j'écri- 



de ; 
utans : 



Sants." 



' J'aime errer sur la mer ar. ai toinUin rivage, 
' Regardant vers la plaine aux h.imides sillons, 
' Où la hnule se dresse et s'élance avec rage, 
' Arrosant notre nef de ses poudreux bouillons. " 

" Tout i coup retentit sur le flanc du navire 
• Un formidable coup frappé par l'océan : 
' Dans un suprême effort la tempête en délire 
' Sur la caréné en fer bondit comme un géant." 

' Mille monstres marins affamés île victime», 

' Suivent notre sillage en cortège hideux, 

" Guettant ceux que la mort lance au fond de» abimes ; 

" Dans ces tomfwaux vivants plongent le? malheureux.' 



' L'équipage est debout et lutte avec courage, 
' Nous voguons fièrement entre le ciel et l'eau ; 
• Nous devenons plus forts, approchant du rivage 
' Majestueusement file notre vaisseau." 



' Nous demeurons sans peur, pleins de foi dans Marie, 

' Refuge des marins, douce étoile des mers ; 

' Elle nous apparaît dans l'orage en furie, 

' Pareille à l'arc-en-ciel, calmant les flots ameis." 



16 



SOUVI.Vlli.s n'oUTRI-MEK 



" '■'°""" ''" ""'« """" r«li«cl,oi,» U x„n ■ 
•• Oh I voici de. oi«r«n,, „,„„ger, prtc„r«„„ • 

On voit .« .Ie„i„„ le, ^te, d'Angleterre • 
•■ Vespoir e.t trio„,ph,„, „ ,,;, b,„r, ,„ eœn,^" 

* « ■* 

U mer, cette grande inspiratrice de., poètes 
fait dire à Victor Hujîo : " 

• Orage, pas-ion», fai.ez.vo.is .laii, mon âme 
" f "'""'" " f'^' •'« Die,, ,„on cœ„r n'a p«„étré • 
■ Le co„cl,a„, me regarde .vec «. ,.e,.x de fl,„,me ; 
!.. vasle „,er ,„e parle, et je .„c sens .acre !" 



■» » ■» 



Lanui- line, à 
s'est exclamé : 



lii vue de 



^t spectacle grandiose, 



A,n,, toujours poussés ver. de nouveaux rivage, 
■ ^n» la unit éternelle emportés «,n. retour 

Ne pourrons-ncs jamais, ,„r IWan des âge. 
Jeter 1 ancre un seul jour ?" 



HOUVEMHS lùll'TKK-MKK 



17 



I poètes, a 



randiose, 



Je vous avouerai qu'après avoir été ballotté 
sur l'océan pendant sept lonjjs jours, je commen- 
çai» à me trouver rassasié de 1" vie de marin. 

I<e mal de mer m'avait épargné ; voici les pré- 
servatifs qui m'avaient réussi, et que je suRRère à 
mes lecteur' : 

" Unt purjfation avant le départ : choisir une 
cabine aussi près que possible du centre du na- 
«re ; " 

" A bord, grande sobriété dans le boire et le 
" manf^er ; " 

" Se promener souvent au |;rand air, sur le 
" pont^ " 

" Se distraire et s'épivcr ; " 

" Si vous êtes chantre, chantez ; " 

" Si vous êtes tant soit peu musicien, allez 
" souvent au piano." 

J'avais donc remporté la victoire sur l'affreux 
mal de mer, mais je me sentais atteint d'un autre 



IH 



MMVKXIll.s IM)I TKE-MKK 



mal, que je pourrais appeKr le mal de terre, d 
sons : un violent désir de voir la lerre. 

.If m'expliquai alors facilement pourquoi le 
comparions de voya^^e de thr.stophe Colomb s 
mutinèrent contre lui, parce que cette terre , ,mi 
se de l'Amérique tardait de se m.mtrcr à leur 
yeux ; pourquoi ils menaçaient de le jeter à la mer 
avant la découverte de l'île San Salvador. 

Mais le doijçt de Dieu était là, — le voile d< 
l'inconnu se leva tout à coup, un nouveau continent 
était découvert, Colomb était sauvé, et s'immorta- 
lisait ; au sombre désespoir succédait une joie déli- 
rante. 

* O * 

—Enfin le luiitiétne jour, nous vovons dts mou- 
ettes voltiger ça et là autour de nous : 

-Bienvenue i ces fidèles messagères, nous an- 
nonçant joyeusement que la terre r'-st pas loin! 

Bientôt les côtes '- l'Irlande .ie dessinent à 
l'horizon bleu, puis disparai.s.sent pour laisser, à 



terre, di- 

urquoi les 
Colomb se 
Te , ,mi- 
;r à leurs 
à la mer, 
r. 

! voile de 
continent 
immorta- 
joie déli- 



di's moii- 



NOUVINIKS D'ilUTKK-MEK 



10 



leur tour, s'estomper au gracieux tableau les côtes 
de l'Angleterre. Déjà la proue du ' . ictorian" sil- 
lonne fièrement les euux de la Mersey, et Liverpool, 
Sous les rayons d'un beau soleil du mois d'août, 
nous apparaît dans toute sa splendenr, 

Quand je vois se dérouler le tableau de ces nom- 
breux et majjtaifiques docks, où se balancent les 
steamers de toutes les nations de l'univers, je sens 
que je suis dans le plus beau port de l'empire bri- 
tannique. 



•*»♦ 



nous an- 
loin! 



sinent a 
isser, à 



SOUVENIRS I>Ol'TI!E-MBI! 



21 



UVERPOOL. 



On entie clans le "Canada d<Kk" Untement, 
mais sûrement. 

Enfin, les passerelles sont glissées et fixées, le 
débarquement se fait joyeusenient et sans encombre. 

Comme tous mes compagnons de voyage je .suis 
heureux de fouler de nouveau le sol britannique. 

laverpool, dont la population est de «50,000 
âmes, n'a rien de bien remarquable dans .ses édifi- 
ces, si l'on en excepte l'hôtel de ville, les musées, 
quelques hôtels-palais et la i)lace St-Georges. 

Ce qui fait la beauté de cette reine du commer- 
ce, c'est son havre immense où flottent les pavil- 
lons de tous les pays, où se dressent une forêt de 
..iâts de navires. 



s')i \ iAiiïs i)'oiikk-mi;r 



25,000 vaisseaux avec un tonnage de 12,000,000 
fréquentent ce port, qui est parfaitement outillé et 
dont le revenu annuel est de S7000.000. 

ITne promenade en tramway sur le che...in de 
fer élevé qui longe ce havre gigantesque, vous fait 
jouir d'un panorama inoubliable, jusqu'à l'endroit 
favori appelé Seasand, plage maritime où les pro- 
meneurs viennent se délasser des fatigues de la vie 
agitée des grandes villes, en foulant d'un pas dis- 
trait les sables dorés et ensoleillés, et en respirant 
à pleins poiunons un air salin et parfumé. 

liverpool, avec ses nombreux bassins et écluses 
qui l'eaibellissent, en sillonnant ses quartiers mari 
tiries, pourrait s'appeler à bon droit, la Venise dt 
nord. 

De belles et nombreuses statues de la regretté^ 
reine Victoria, témoignent du loyalisme du peuple 
et les groui)es d'auditeurs, écoutant respectueuse 
ment des prédicantes et quakeresses qui prêclient e 
expliquent la bible en plein air, témoignent du zèl 



'yl 



SOUVENIUS U Ot'TlîF.-MKK 



•2:i 



,000,000 

utillé et 



he...in de 
vous fait 
l'endroit 
i les pro- 
de la vie 
1 pas dis- 
respirant 



et écluses 
ers mari- 
Venise du 



regrettée 
lu peuple, 
pectueuse- 
rêclient et 
nt du zèle 






religieux de la population, /.èlc digne d'une meil- 
leure cause. 

Ces orateurs en .jupon ne se lassent point ; leur 
faconde surtout est intarissable. 

* » * 

I<e W Iker Art Gallerv renferme des oeuvres 
d'art remarquables ; citons : "Après la bataille de 
'Vaterloo ;" — "Ruth et Xoémi ;" — "Rêverie ;" 
I<e rêve de Dante ;" — T,a fuite en Egypte ;" — 
"En temps de guerre ;" — "Daniel dans la fosse 
aux lions ;" — "Ariel ;" — "Fidèle jusqu'à la 
mort ;" — "Une nuit d'été." 

* » -^ 

Après un court séjour à Liverpool, je pars pour 
Londres, traversant l'Angleterre du 'ord au sud. 

De vastes pâturages, où pais.sent de nombreux 
troupeaux de races améliorées, de riches domaines. 



21 



SurVKXIItS 1)(>( TliE-Mtl! 



remarquables par leur étendue et leur culture so 
gnée, depuis des siècles la propriété des lords, no» 
rappellent que la fière Albion est aristocratiqi 
jusque dans ses terres et ses concessions territorii 
les. 

Le sol est accidenté, ii.ais très fertile, orné d 
l)lantations, coupé de routes superbes, bordées d 
grands arbres séculaires, sillonné de haies verdo'i 
antes. 

I,cs habitations rurales, à part quelques châ 
tcaux seigniurianx, sont généralement modestes e 
champêtres. 

I,es villes que nous voyons sur notre passage 
apparaissent flori.ssantcs par leur industrie, leur 
manufactures et leur commerce. 

I,es i)lus remarquables .sont : Manchester avec 
son merveilleux canal à navires reliant cette grand( 
et commerçante cité avec làverpool, en utilisant h 
cours de la Mersey, et Hirmingham, célèbre par se: 
:..anufaeturcs et ses armureries. 



uliure soi- 
tords, nous 
itocratique 
territoria- 
le, orné de 
t)ordées de 
;s verdoy- 

Iques châ- 
odestes et 



: passage, 
trie, leurs 



ster avec 
te grande 
:ilisant le 
"e par ses 



SDL'VENIIW DOUTRE-MEK 



LONDRES. 



Me voici bientôt à Londres, la capitale du roy- 
aume britannique, cette immense fourmilière hu- 
maine, où s'agitent six millions de descendants 
d'Adam. 

Je loge dans le quartier Leicester, qui appar- 
tient au matquis de Westminster. 

C'est un quartier à demi français. 

Des enseignes écrites en bon français, des hô- 
tels où l'on parle la langue de Fénelon, où l'on vous 
régale de la vraie cuisine française, des librairies 
et des magasins où l'on parle notre langage avec 
grâce, nous donnent la douce illusion de retrouver 
là un coin de la Province de Ouébec. 



20 



SOl-VEXIRS ') OUTRK-MKIl 



Vous y trouvez aussi des prêtres et des 
Kieux d'origine française, qui sont heureux de 
rencontrer et de vous témoigner leur dévoueme 
Parmi les beaux monuments de la métro 
britannique, notons l'Abbaye de Westminstei 
reposent les restes de la plupart des grands hom 
anglais, écossais ou irlandais qui ont illustré 1' 
toire de l'empire. 

On y voit une curiosité histori.,ue, la famé 
chaise royale du couronnement. 

Elle servit pour le sacre de tous les rois d'. 
fîleterre, depuis le règne de Jacques 1er, fils de B 
ne Stuart. 

Une grosse pierre ovale et aplatie, appor 
d Ecosse par ce monarque, y est fixée comme sce 
de 1 alliance des royaumes d'Angleterre et d'Ecos' 
commémorant la réunion des deux couronnes. 

lions'rbroM: '"^^ ""''''''' '' -P°- -- <!-* 
I-a tour de I.ondres est une antiquité très o. 



SOUVENIRS U'OI-THE-MEH 



27 



s et. des reli- 
ireux de vous] 
lé vouement. 

la métropolej 
itminster oùf 
inds hommes I 
Uustré l'his- 

I la fameust | 

5 rois d'An- 
fils de Ma- 

e, apportée 1 
>mme sceau | 
t d'Ecosse, 
snnes. 

sur quatre 
é très ori- 



l^inale et très intéressante à visiter, contenant les 
larmures, épées, casques, boucliers et tov^ ce qui 
servait à équiper les chevaliers et les guerriers du 
moyen âge. 

On y conserve précieusement la célèbre épée et 
l'armure d'Henri VIII, qui devait être un fort co- 
losse pour pouvoir les porter et manier. 

On y admire aussi les merveilles des Indes, qui 
sont étalées en riches collections. 

La couronne britannique et ses joyaux, les pla- 
teaux, coupes et vases en or solide ré.servés pour le 
sacre royal ou le baptême de l'héritier du trône, 
sont exposés dans un compartiment construit à l'é- 
preuve du feu et des voleurs, et gardés par des sen- 
tinelles. 

I<es bâtisses du parlement, palais de Westmins- 
ter, dominant la Tamise, présentent un coup d'œil 
grandiose. 

Ives constructeurs y ont observé à l'extérieur 



28 



SOfVKNIRS IMILTKE-MKR 



comme à l'intérieur un mode d'architecture noh 
et sévère, se rapprochant du style gothique. 

On y admi deux tableaux artistiques d'ui 
grande dimension et d'une valeur incomparable 
l'un représente la bataille de Trafalgar et la moi 
héroïque de l'amiral Nelson ; l'autre représente 1 
rencontre de Wellington et de Bliicher à la bataill 
de Waterloo. 

On y admire aussi la statue d'Olivier Croir 
well, célèbre par la révolution de 1648, et celles de 
principaux hommes d'Etat dont nos compatriote 
anglais ont droit d'être fiers, tels que Pitt, Fox 
Palmerston, Russell, Gladstone, etc. 

Un des plus beaux édifices de Londres est la ca 
thédrale de St-Paul. Kes immenses proportions, soi 
dôme, la colonnade du dôme et sa coupole, son in 
térieur orné de monuments élevés à la gloire de< 
célébrités britanniques, surtout le tombeau de Wel- 
lington, monument digne du vainqueur de Water- 
loo, font à .juste titre l'admiration du touriste 



:ture noble 

|Ue. 

ques d'une 
uparable : 
et la mort 
)résente la 
la bataille 



ier Crom- 

celles des 

«patriotes 

Pitt, Fox, 

est la ca- 
tions, son 
e, son in- 
ïloire des 
u de Wel- 
ie Water- 
uriste. 



SOI'VEXIKH l»'(iUTRI-MER 



89 



Le Royal All)ert Hall est une rotonde immense, 
a plus vaste enceinte de la cité empire, érigée pour 
oncerts et pour les grandes assemblées populaires, 
n l'honneur du regretté prince Albert, en face de 
lydc Parle. 

C'est là, qu'à une magnifique réunion du Con- 
rrès eucliaristique tenue à Londres en 1909, notre 
llustre archevêque Monseigneur Bruchési proposa, 
;n termes élogieux pour nous canadiens-français, 
[|uc le congrès de l'aiiuée suivante, 1910, fût convo- 
:|ué à Montréal, glorieusemeiit surnommé Rome de 
'Amérique du Nord. 

A quelques i)as de là, sur le front du parc, s'é- 
lève le fameux monument du prince Albert érigé, 
au coût de plusieurs millions, par la reine Victoria, 
il la mémoire de son royal époux ; l'emplacement 
mesure deu.\ cents pieds carrés. 

L'œuvre principale, repcse sur une triple base. 

La structure en cuivre doré n'a pas moins de 
cent-cinquante pieds de hauteur. 



m 



30 



.SOUVENIRS DiiUTRE-.MIll 



I,e socle est ontourc iIcs statues des orateurs, 
poètes, |))itIoso])lit's, littérateurs, hommes d'Etat et 
célébrités de toutes les nations, divisées en jjroupes 
et sections appropriées. 

Une tourelle .scul))tée et dorée, garnie du trois 
rangs de niches ornementées, avec statues bronzées, 
on est le ilijjne couronnement. 

Au.\ quatre coins, des figures allégoriques re- 
présentent les quatre principaux continents sur les- 
quels Albion étend son empire. 

La statue du prince Albert est une oeuvre d'art 
remarquable dont la grande cité peut se glorifier. 

Parmi les autres édifices dignes de mention, ci- 
tons en pa.s.sant : la "mansion house", résidence du 
lord-maire, le "roj-al exchange", où est installée la 
bour.se, et dont une partie a été convertie en riche 
musée, le "horse guards building," le "war office", 
r"indian office," le foreign office building", la 
"banque d'Angleterre," quadrilatère occupant le 
front de quatre rues, admirablement construite à 



siilVKXir.s |M>I TliKMKil 



81 



l'épreuve des cambrioleurs, où sont entassés les 
millions de la finance, pères et balancés avec une 
comptabilité d'une exactitude merveilleuse, par des 
milliers de commis. 



Menliotuions aussi le "brilisli muséum", enri- 
chi de tous les cliefs-d'oeuvre de l'antinuilé : <<\- 
r..midts, bustes hiérogljphes, pierres tombales et 
inscriptions ; le monument Nelson sur la place Tra- 
talgar, dont les quatre coins sont ornés de quatre 
énormes lions en pierre, qui semblent en garder l'ap- 
proche ; le "Chelsea Hospital", le "Couiity lunatic 
asylum", le "water works", le "royal military 
as\lum", le "licensed victualors asylum", le "na- 
tional art gallery", le "palais de justice", les con- 
StTvatoires, etc. 

Chose remarquable, dans les principaux musées 
de Ivondres, la sainte Vierge figure avec grâce et 
honneur sur un grand nombre des plus belles pein- 
tures, et la Madone ne paraît pas trop mal à l'aise 
en compagnie de messieurs les Anglais protestants 



33 



sni'vKXiris ixii'ihil-mkk 



qui, après tout, la croient une clame très respecta- 
ble. 

Parmi les places pul)liques qui embellissent la 
jrianile cilù, les principales sont : "Hyde park", 
"Rej[cnt park", "Victoria park", le "carre Rich- 
mond," le "old dear park", les "royal jfardens", 
le "parc Hattersea", aj^rcablement situe sur les 
bords de la Tamise, les "Kensinj;ton's gardcns", le 
"St. James park". 

I<'ctran;;ei' ne manque pas d'admirer les palais 
royaux de St. .lames, de Buckinfrham ; celui de 
Kcnsington, ancienne résidence du duc de Kent, où 
naquit la reine Victoria. 

I<c voyaRcur qui visite Londres doit aussi se 
payer le luxe d'une excursion en bateau sur la Ta- 
mise. 

QticUe jouissance inoubliable que de voir se dé- 
rouler à nos yeux le tableau vivant de la plus gran- 
de cité de l'univers, de ses docks, les plus considé- 
rables après ceux de T^iverpool, où flottent les pa- 



respecta 

issent la 
E park", 
rc Rich- 
ardens", 
: sur les 
icns", k 

:s palais 
celui de 
ient, où 



aussi se 
r la Ta- 



ir se dé- 
us ^ran- 
considé- 
les pa- 



villons de milliers de navires venus de tous les 
points du globe ; de ses ponts nombreux et magni- 
fiques, entre autres celui de Westminster et le To- 
wer bridge ! 

Après cette excursion, pénétrez sous terre, tra- 
versez la Tamise par le tunnel, vous verrez là un 
effort prodigieux du génie de l'homme, et vous gra- 
verez en vous un bon souvenir des merveilles de 
Londres. 

• « ♦ 

Il est beau et consolant de constater le réveil 
et les progrès du catholicisme sur ce sol britanni- 
que qu'on appelait jadis "l'île des Saints". 

I,es conversions y sont très fréquentes, le rite 
anglican se rapproche de plus en plus du rite catho- 
lique, et nftus avons lieu d'espérer que le rêve su- 
blime de I^con Xill, le retour de nos frères séparés 
dans le giron de l'Eglise catholique, n'est pas loin 
de se réaliser. 



I 



I ] l! 



'I i 



I. 



SOUVENIRS d'outre-mer 



35 



LE CARACTERE ANGLAIS, 



Avant de laisser la capitale de l'empire britan- 
nique, disons un mot du caractère anglo-saxon, car 
c'est là qu'on peut l'étudier plus à l'aide. 

L'Anglais est remarquable par son urbanité, sa 
droiture dans les relations civiles, son énergie, son 
infatigable activité. 

Il est pétri de "go head" et de "pushing". 

Rien ne résiste à sa patience et à sa persévé- 
rance. 

Sa devise est : "Where is a vvill, there is a 
way." 

Il est patriote, fier de sa race, et toujours prêt 



3fi 



sorVKS'lltS KOIITRE-MEft 



h 



il secourir et relever ceux qui sont ses frères par la 
nationalité. 

Il a l'esprit pratique et réfléchi ; le sang-froid, 
aide et seconde son jugement, ses projets et ses en- 
treprises. 

Naturellement conservateur et ami de l'ordre, 
il est attaché à ses institutions, et les défendra pou- 
ce par pouce contre l'envahissement de la révolu- 
tion et de la démagogie. 

Il tient à l'observance du dimanche : l'étranger 
qui passe à Londres le jour du Seigneur, s'y repo- 
.se réellement, et pourrait se croire dans un paisible 
village de campagne. 

he fils d'Albion poussera quelquefois le sens et 
le talent des affaires jusqu'à l'égoïsme et l'ambi- 
tion, mais il faut reconnaître qu'il a fondé des co- 
lonies prospères sur toute la surface du globe, et 
que partout où l'on voit flotter l"'Union Jack", 
l'on voit fleurir l'industrie, le commerce et le pro- 
grès. 



■SOUVEN'IRS DOlTIiK-MEIC 



37 



Il pousse parfois l'amour des affaires jusqu'à 
la passion, jusqu'à l'excès, jusqu'au monopole ; en 
cela, il est un peu excusable, car s'il amasse des 
millions promptement, il ne les laisse pas dormir 
dans ses coffres, et sait en faire bénéficier les clas- 
ses ouvrières ; et ses entreprises gigantesques leur 
procurent un travail constant et rémunérateur. 

I,'Angleterre aime la paix, mais lorsqu'elJe en- 
tre en guerre, ce n'est pas pour la vaine gloire ou 
par dévouement pour aider à des nations plus "fai- 
bles, mais avant tout pour protéger ses propres in- 
térêts et son commerce, ou pour agrandir ses do- 
maines. 



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SdUVEN'IB.S DOl'TFiE-MER 



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AMIEXS. 






l,e sept septembre, je partais pour la France, 
par voie de Don res et de Calais. 

Le pouvoir de la vapeur me transporta rapide- 
ment à ce fameux bras de mer qu'on appelle la 
Manche ; on m'en avait dit tant de mal que je la 
redoutais im peu ; mais, à mon agréable surprise, je 
la traversai sans encombre et comme par enchan- 
tement ; sans fatigue et sans trop de secousse nous 
arrivons en vue des falaises de Calais. 

Avec empressement, avec une émotion bien vi- 
ve et bien naturelle, nous mettons le pied sur le sol 
de la vieille France, le beau pays de nos illustres 
aïeux. 



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40 



Sdl'VK.NIItS 1)01TI;K MKK 



De Calais nous nous rendons à Amiens, um 
des villes les plus importantes du nord de la Kran 
ce : 100,000 âmes. 

La cathédrale d'Amiens mérite une mentioi 
spéciale, comme un des plus beaux temples ffothi 
ques de l'Europe. 

I,e palais de justice et l'hôtel de ville sont aus 
si des édifices remarquables. 

I,a ville porte un cachet d'antiquité, et la rue 
que l'on nomme "rue des Trois-Cailloux", en est la 
preuve. 

I<es terrains et bâti.sses de l'iîxposition sont 
remarquables, admirablement aménagés. 

D'Amiens je file droit à Paris, anxieux de pou- 
voir admirer la plus belle ville de l'univers, la Ville 
Lumière, le rende/.-vous de tous les touristes et de 
tous les savants. 

■* » * 



liens, une 
! la Kran- 

: mention 
les ffothi- 

sout aus- 

et la rue 
en est la 

tion sont 

K de pou- 
i, la Ville 
tes et de 



sDirvEXiRs 1) <)i;the-mku 



41 



PARIS. 



l'armi les lieux intéressants que le voyageur ne 
doit pas manquer de visiter, citons en passant : 
Notre-Dame de Paris, contenant des trésors inesti- 
mables, tels que la couronne d'épines, un des clous 
du crucifiement, un morceau de la sainte tunique, 
et un ostensoir d'une grande valeur, d'or solide, 
incrusté de pierres précieuses et de diamants, don- 
né par Louis XVIII à l'occasion du baptèmt du 
comte de Chambord ; 

I/église de la Madeleine, affectant la forme d'un 
temple grec, orné d'une colonnade quadrilatérale, 
de niches, de statues, de fresques et de peintures 
artistiques ; 



42 



WjrVKMRS 11 i)i:TltK-MEIt 



'!'« 



l! i 



La Madeleine est le temple favori des classi 
aristocratiques ; 

I/église vSt-Eustache avec ses cinq nefs ; 

L'église Ste-Clotilde, où l'on voit les plus r 
ches verrières modernes ; 

L'éplise vSt-Sulpice avec ses beaux tableaux d 
Calvaire, de la Résurrection, de l'Ascension et de 1 
Sainte- A'^ierge ; 

I/église de .St-Thomas d'Aquin, celle de St-Get 
main des Prés, Notre-Dame de Lorette, l'église d 
la Trinité, toutes remarquables par leur décoratioi 
et leur richesse ; 

L'église du Sacré-Cœur, qui est une des plu 
modernes et qui a coûté des millions ; 

Des buttes Montmartre, d'où elle s'élance veri 
le beau ciel de France, on peut contempler à l'aisi 
les mille et une beautés de Paris ; 

Le Louvre avec ses galeries vastes et merveil 
leuses, où s'étalent avec symétrie et une parfait< 



SOLVEMRS U DITKK-MKIi 



4!i 



les classes 



classification, les chefs-d'œuvre en peinture, sculp- 
ture, statuaire et beaux-arts de tous les siècles. 

I<es plafonds de ses immenses couloirs sont or- 
nés de peintures décoratives qu'ion ne peut regarder 
sans s'arrêter, pour eu admirer le bon goût et le 
fini. 

Au Ivouvre tout est grandiose comme le génie 
de la France.. 

Parmi les tableaux que j'y ai contemplés, je 
n'oublierai jamais : 

"l'C jugement dernier", par Cousin ; 

"La vie de saint Benoît" ; 

"I<e martyre de saint Denis" ; 

"I<a Madeleine", par Keni ; 

"La Sainte- Famille", de Raphaël ; 

"Le repos de la .Sainte- Famille" ; 

"La Nativité", par Spada ; 



il ï- 
11 



44 



.M)lvrNIKS IMilTKE-MEIl 



"Le martyre de saint Sébastien", par Vanuct 
dit le Pérujjin ; 

"La mélancolie", par Fêti ; 

"Saintt Cécile", par le Dominiquin ; 

"1/ intérieur de St-Pierre de Rome", par P 
nini ; 

"L'AnRélus", de Millet ; 

"Le doge s'embarquant sur le lUicentaurc, 
Venise" ; 

"Le grand caua' . .; Venise", par Canaletto ; 

"Jupiter et Antiope", par le Titien ; 

"La Cène", par Léonard de Vinci ; 

"La Joconde", du même peintre ; 

"Saint Michel terrassant le démon", par K 
phaël ; 

"Les noces de Cana", par V^éronèse. 

Parmi les oeuvres d'art que je viens de mentit 



-SOrVENJR.s b'tiL'TRE-MER 



45 



r Vanucci 



, par Pa- 



entaurc, à 



naletto ; 



", par Ka 



le mention 



ner, il y en a dont U valeur dépasse cent mille pias- 
très chacune. 

Au nombre des peintures des grands maîtres, 
notons encore entre mille : 

"I^ portrait de madame Récamier", qui passa 
pour la plus belle femme de son siècle ; 

"I<a justice et la veuRtance divine poursuivant 
"aïn" ; 

"r,e sacre de Napoléon 1er", par David. 
^ Kt - 

11 est intéressant de voir dans les galeries du 
-ouvre, des élève. . école des beaux-arts, jeune.s 
Ttistes d'avenir, installés là avec leurs toiles, 
ïurs couleurs et leurs pinceaux, pour imiter et ce- 
ler les plus belles peintures et puiser l'inspiration 
la source même du pénie. 

Après le musée du Louvre, le plus intéressant à 



4U 



NOlVENIKi IHILTHE-MEIt 



Visiter, fst bien celui dt- Chiny, célèbre par se» des 
sms et peintures sur tissus, soies et velours, ses ta- 
pisseries anti,,ues, ses «Iniperies, nuubles, carrosse 
ne, costumes, ornements royaux, modes du moyen 
HRe, et surtout du grand siècle de Louis XIV. 

I-es amateurs d'antiquités ont beau à s'y dis- 
traire et à s'y délecter. 

Un mot maintenant de l 'hôtel des Invalides. 

C'est là que dort de son «lernier .sommeil le plus 
grand guerrier des temps modernes, dont Lamarti- 
ne a dit : 



'■ Son cercipil est fermé. IJi^u IVi ju-_;^-: 'sileuco " 
•■ .Sji. crime et ses exploits ^^«e..! d.ns l.i balance !•> 

ne tous les points de vue de Paris, l'on voit 
étinceler, sous les rayons du jour, le dôme gigan- 
tesque des Invalides, sous lequel reposent les restes 
de Nap léon 1er et ceux du général Bertrand, son 
fidèle compagnon d'exil. 



NorvrxiKs |M»LTIIK-.MKII 



«7 



I,e tombeau et K- mausolée de l'Empereur sont 
.l'une richesse incomparable, formés des marbres les 
plus précieux et les mieux ciselés. 

Tout y respire la grandeur et l'immortalité. 

Mais ce qui est encore plus émouvant, c'est de 
lire le testament du grand homme, écrit en lettres 
d'or autour de la corniche de la coupole qui couron- 
ne son monument : 

" Je veux que mes restes reposent sur les 
" bords de la .Siine, au milieu de ce peuple français 
" que j'ai tant aimé." 

En lisant cette touchante inscription, toute cet- 
te épopée napoléonienne dont le récit remua sou- 
vent mon âme, passa dans mon imagination ; 

Il me semblait voir ce héros légendaire encore 
debout, sur le rivage de l'île Ste-Hélène, lorsqu'il 
croyait relire dans, U.s vagues écumantes, qui ve- 
naient se briser à ses pieds, les pages palpitantes de 
sa vie orageuse. 

Te ne pus retenir quelques larmes. 



48 



S( )l; \ EN 1 lis rj 1 >l'T«F.-MKIt 



A quelques pas de là, est la chapelle des Invali- 
des, qui est un modèle d'architecture. 

Sur la corniche sont exposés les drapeaux enle- 
vés à l'ennemi par Napoléon sur les champs de ba- 
taille. 

Ces drapeau.x troués par les balles, noircis par 
la poudre, déchiquetés par la mitraille, sont des 
trophées précieux qui semblent animés, nous rap- 
pelant un passé glorieux, mais qui ont coûté cher à 
la France. 

Au nombre des autres monuments qui font l'ad- 
miration de l'étranger, je mentionnerai : 

L'arc du Carroussel, place du Carroussel, l'Arc 
de triomphe de l'étoile, érigé à l'extrémité des 
Champs Elysées, dans le décor féerique de douze 
avenues convergentes, orné d'inscriptions commé- 
moratives des victoires napoléoniennes ; 

ly'Hôtel de la Monnaie, la Bourse,' le Petit Pa- 
lais, le Grand Palais, le Trocadéro, souvenir des 



SOUVENIRS DOUTRG-HSR 



4t 



expositions universelles, la colonne de Juillet, pla- 
ce de la Bastille, la colonne Vendôme, place Vendô- 
me, la Banque de France, le palais de Justice, les 
Halles centrales, l'Hôtel de Ville, le Palais de la 
Léfrion d'Honneur, le inusée du I,uxembourg, l'Opé- 
ra, l'Elysée, jadis le dernier asile de Napoléon au 
lendemain de la bataille de Waterloo, et aujour- 
d'hui résidence du président de la République, le 
palais Bourbon, où siègent les députés français ; 
C'est là qu'on voit ce fameux tableau représentant 
Mirabeau qui répond au messager de I^ouis XVI, 
ordonnant la dissolution de la Constituante : 

" Nous sommes ici par la volonté du peuple, 
" et nous n'en sortirons que par la force des bay- 
" onnettes." 

L,e Panthéon, où reposent les restes et les mo- 
numents de plusieurs célébrités françaises, est re- 
marquable par son architecture et de superbes 
peintures représentant les principaux épisodes de la 
\-ie de sainte Geneviève, la patronne de Paris, de 
saint Denis et de Jeanne d'Arc . 



60 



SOUVENIRS DOUTBE-MEB 



La tour Eiffel, ou tour de 300 mètres, l'une des 
merveilles du monde, dont il ne faut pas oublier de 
faire l'ascension si vous aimez avoir des émotions 
sublimes. 

L,a France, par cette construction frigantesque, 
étonna l'univers, puis elle l'étonna encore plus par 
la conquête de l'air, et les aviateurs français sont 
au premier rang parmi les explorateurs des régions 
éthérées. 

Ils ont conquis l'espace au prix de leur vie, en 
vrais martyrs de la science et du progrès. 

Le touriste doit aussi visiter le Crédit Lyon- 
nais, qui reçoit dans de somptueux salons les Ca- 
nadiens ayant des lettres de crédit à échanger pour 
des billets de la banque de France, ou de l'or fran- 
çais ; le tribimal de commerce, la Porte St-Denis, 
chef-d'œuvre de l'architecte Blondel, représentant 
les principales victoires des armées de Louis XIV : 

L'archevêché, rue de Grenelle, bâtisse aux belles 
proportions, construite au XVIIe siècle, l'Hôtel 



SOUVENIRS D OUTRE-MER 



51 



des Postes et Télégraphes, où sont aussi installés 
les téléphones ; la Sainte Chapelle, bâtie en 1248 
sur l'ordre de saint Louis, roi de France ; 

Le Palais du Sénat, 

L'Opéra Comique, le Châtelet, 

Les jardins du Luxembourg, où l'on admire la 
fontaine Médicis. 

Du palais des Tuileries, célèbre sous l'empire 
français, incendié par la commune en 1871, il 1.- 
reste que deux ailes reliées au Louvre. 

Les principales gares sont la gare St-Lazare, 
les gares du Nord et de l'Est, la gare Montparnas- 
se, la gare de Lyon et celle d'Orléans. 

Les ponts les plus remarquables sur la Seine, 
sont : le pont Alexandre III, le pont de la Concor- 
de, le pont de SoUerino, les ponts des Invalides, de 
l'Aima, des Arts, d'Austerlitz, de Bercy, et les 
ponts Royal et National. 



^CÔLE NORMALE CHAMPAGNAT 



.S<>i:VENIIt.S l>OlITRK-MEH 



Paris possède de nombreux hôpitaux et insti- 
tuts médicaux, dirigés par les maîtres de la science, 
où affluent de nombreux patients de toutes les par- 
ties du monde, tels que l'Institut Pasteur, l'Hôtel- 
Dieu, l'hôpital de la Charité. Ceuxi de St-Antoine, 
Necker, Lariboisière, Bichat, Boucicault, etc., sont 
intéressants à visiter ; les Halles centrales et les 
abattoirs qui alimentent cette immense aggloméra- 
tion humaine, 

I<e jardin des plantes et le jardin d'acclimata- 
tion méril nt aussi l'attention du visiteur. 

Parmi les lieux d'embellissements, citons enco- 
re la place de la Concorde avec son fameux obé- 
lisque, ses deux fontaines, et ses statues artistiques 
symbolisant les principales villes de France : Lyon, 
Marseille, Bordeaux, Nantes, Brest, Rouen, Lille et 
Stra.sbourg. 



En voyant la statue de Strasbourg, ornée de 
couronnes et de drapeaux, je pensai à ce couplet su- 



SOUVENIRS 1)01 TR«-M«lt 



53 



bliine composé pour l'Alsace et la I^orraine, par le 
patriotisme français et adressé aux Allemands : 

" Vous avez pris l'AIsaL-e cl la l,orr.iiiK'. 
" Et malgré vous nous re-terona français : 
•■ Vo\is avez pu germaniser la plaine, 
" Mais notre cœnr vous ne l'aurez jamais." 



Il ne faut pas oublier de visiter les champs 
Elysées, les jardins des Tuileries, où pour trois sous 
j'avais le plaisir d'entendre la célèbre fanfare de la 
Garde Républicaine, jilaisir qui m'avait cofitc trois 
dollars à Montréal. 

Mais il ne faut pas en conclure que l'on va à 
Paris pour y faire des économies. 

Il faudrait une plume plus habile que la mien- 
ne pour décrire le bois de Boulogne, ses avenues, 
ses petits lacs, si>s cascades, son hippodrome, son 
allée des acacias, ses pavillons élcgants, ses méan- 
dres de verdure et de fleurs, ses boulevards enchan- 



ru 



snl.'VKMItS |)'i>l."ritK-MEIl 



tc'urs où circiile!:t gaiement les promeneurs avides 
d'air frais, les équipaRes somptueux, et les quaran- 
te mille automobiles de Paris. 

Une excursion en-dessous de la cité reine, par le 
chemin de fer souterrain, le "Métropolitain", ne 
manque pas d'intérêt. 

Certaines rues ont des noms bi/arres, tels que 
l'Echaudé, Coq-Héron, .Satan, Ouatrc-Vents, Enfer, 
Vide-Gousset, etc. 

Pour un voyageur dont le gousset est bien gar- 
ni, il n'est peut-être pas prudent de passer après 
minuit par la rue Vide-Gousset. 

La po'ice de Paris est .a mieux organisée du 
monde er'ier. 

Sans i /US en apercevoir, vous êtes observé tout 
le temps, et les quartiers généraux de la gendarme- 
rie sont informés qu'à telle heure vous étiez à la 
gare du Nord, à telle heure à l'hôtel Continental, 
et à telle heure à l'opéra. 



SOUVENIRS I) OUTKE-.MKH 



50 



Ce qui fait l'attraction de Paris, ce sont ses 
rues larges et toutes luisantes de propreté; ses ave 
nues, ses boulevards ornés d'arbres, de lontaims, 
de statues cotnmémorant les hommes ■..•.'■Icbns rie 
tous les siècles, ses parcs incomparables, sls hô- 
tels princiers, ses curiosités scientifiques, attisli- 
(jues et historiques, ses vastes musées, ses nom- 
breux théâtres qui malheureusement sont plus fré- 
quentés que ses églises, ses édifices somptueux, ses 
conservatoires, ses universités, ses instituts, ses 
travaux d'embellissement hardis et Rigantesques, 
en font la ville la plus moderne et la plus populai- 
re, le gai rendez-vous de tous ceux qui veulent jouir 
et qui ont des fonds à dépenser. 

Grâce à l'entente cordiale, les relations entre 
la France et la Grande-Iîretagne se rapprochent de 
plus en plus, et l'on voit souvent de riches Anglais, 
venir passer une villégiature à Paris, pour secouer 
le "spleen", s'y égayer et prendre un bain de so- 
leil. 



I<es environs «le Paris : Versailles, St-Denis et 



SOI VI.XIIIS l»'(.ni!E-MEIÎ 



Foutainebleaii sont célèbres : Versailles, par le pa- 
lais de Louis XIV converti en musée ; St-Denis, 
par ses tombeaux de^ .ois de France, et Fontaii.e- 
bleau, où Napoléon signa son abdication, en 1814, 
dans le palais splendide qui existe encore. 



*»♦ 



NOUVEX'IIIS DOUTIIE-MEK 



57 



LE CARACTERE FRANÇAIS. 



Paris, c'est la France, et c'est bien là qu'on 
)eut mieux étudier le type de la race française. 

Le Fiançais est poli, aimable dans ses paroles, 
ses gestes et ses manières. 

Son langage, le plus beau de toutes les langues 
humaii.es, briile par sa douceur, sa clarté, son har- 
monie, sa souplesse, ses nuances, échos fidèles de 
tous les sentiments. 

Le Français est très intelligeni et a toujours 
excellé dans tous les arts et dans toutes les scien- 



C'est à bon droit que Paris est surnommé "la 
Ville Lumière". 



S8 



SOrVINIKS DOIITRK-MEU 



I 
i 
t 



C'est un foyer lumineux dont les rayons éclai- 
rent le monde. 

Le Parisien st gai, spirituel et prime-sautier ; 
il n'a pas son cjral pour lancer le bon mot, l'anec- 
dote, la chanson, la note joyeuse ; le cnuplev ou le 
mot pour rire, parti d'un café-concert, fait en un 
clin d'œil le tour de Paris. 

La plus belle qualité de l'âme frani;aise est, 
sans contredit, le patriotisme. 

I^a France, son drapeau et sa gloire : ces trois 
mots résument les aspirations du patriotisme fran- 
(;ais, qui, dans tous les siècles a brillé d'un vii 
éclat. 

Pour les nobles enfants de la France : 

" Mourir pour la Patrie," 
"C'est le sort le plus beau, 
■' Le plus (ligne il'euvic." 



Le Fiançais est hospitalier, généreux, dévoué 



SOUVENIRS d'oI'TRE-MER 



S9 



Il a versé son sang, non seulement ponr con- 
quérir ses libertés, mais aussi pour aider d'autres 
peuples à combattre la tyrannie. 

Ives Français sont vifs, avides de nouveauté et 
dr changement : 

Ils ont souvent i évolutioiinc la forme de leur 
gouvernement. 

Ils mènent les choses rondement, ayant déjà 
fait une révolution en trois jours. 

Maintenant l'on dirait qu'ils prennent plaisir 
■A changer de ministère. 

Sous le rapport religieux, il nous semble que la 
foi se refroidit dans notre ancienne mère-patrie ; 
mais si nous réfléchissons que les gouvernants sont 
en grande partie des francs-maçons, des juiis ou des 
libres-penseurs, il nous est permis de croire l'esprit 
des masses encore imbu de l'esprit religieux d'au- 
trefois. 

En voici la preuve : 



uo 



NOUVKMKS noL'TRE'MBK 



La France n'est-elle pas encore la première 
quand il s'affit de contribuer au denier de St-Pier- 
re, ou de donner des fonds et de glorieux martyrs 
pour la propagation de la foi et les missions étran- 
frères ? 

I^ Parisien qui cause avec vous, peut voua pa- 
raître sceptique et incrédule : 

Ne le jugez pas d'après les apparences : il iic 
vous dit pas toujours ce qu'il pense, et son nmour 
propre le poussera ; ut-être à paraître penser au- 
trement que le cotrmun des mortels. 

Ce qui <<i«.ingue surtout le caractère français, 
c'est le courage et la bravoure : 

1 en voyons la preuve à chaque page ih 

l'histoire, sur tous les champs de bataille, et c'est 
encore la France qui sacrifie le plus grand nombre 
de victimes pour les progrès de l'aviation, et pour 
les expérience» hardies des savants et des inven- 
teurs . 



»OUV«S»w U'OUTBI-MER 



61 



LOURDES. 






Laissons Paris pour Lourdes. 

Traversons la France du nord an stid : nous 
admirons des terres fertiles, cultivées comme des 
jardins, divisées et subdivisées à l'infini, séparées 
par des haies vives, sillonnées par des routes su- 
perbes. 

Sur le parcours donnons une mention spéciale à 
Poitiers, céK-bre par la victoire de Charles Martel 
sur les Sarrasins ; Orléans, où s'illustra Jeanne 
d'Arc ; Bordeaux,célèbre par sa calhédrale.son pont 
sur la Garonne, ses vins généreux et son port 
magnifique. 



62 



SOUVENIRS D OUTRE-MER 



Portés sur l'aile rapide de la vapeur, nous voi- 
ci déjà à lyourdes comme i)ar enchantement. 

Que dire de Tyourdes, la ville priviléj^iée, la vil- 
le de Marie ? 

C'est en même temps un lieu de tendre dévotion 
et de charmante villégiature. 

C'est un nid de fauvette, délicieusement perché 
au milieu de la verdure, des vallons et des collines 
qui l'environnent. 

Ive Gave, roulant ses ondes torrentielles, répand 
une douce fraîcheur dans cette atmosphère déjà par- 
fumée par les fleurs et les plantes odoriférantes. 

Iva main de i'homme a su ajouter à l'œuvre de 
la nature : 

Des routes superbes, des allées bordées de grands 
arbres, de charmantes promenades, des boulevards 
pittoresques invitent le touriste à prendre un bain 
de soleil, en longeant le contour de la vallée. 



•'<<)uvE\m.s d'outke-mer 



63 



Vous admirez le versant des Pyrénées, où s'é- 
lèvent cà et là de nombreux couvents et monastè- 
res, où broutent de paisibles troupeaux de chèvres 
blanches gardés par des bergers et des bergères mu- 
lùs de la houlette traditionnelle, et fredonnant.com- 
me au bon vieux temps, des chansons champêtres 
et légendaires. 

Sur les hauteurs sud-ouest, un vieux fort cons- 
truit au moyen âge nous rappelle les guerres et les 
incursions du temps des barbares. 

Les chants mélodieux des pèk .ins ont succédé 
aux cris de guerre, dans ces lieux privilégié- et la 
Vierge immaculée v fait maintenant régner la paix 
et le bonheur. 

Pour couronner ce panorama, voici l'église de 
Notre-Dame de Lourdes, l'une des plus belles du 
beau pays de France, majestueusement assise sur le 
rocher miraculeux, vers lequel depuis un demi-siè- 
ciècle accourent les pieux fidèles de tous les coins 
du globe. 



.y 



64 



'^VVSSIUS riOlTKf-MKK 



«ers de maladeT Tt TT- " ''''^' '^' '^^ -"" 
«eurs déposées V des :r"' '" '""'"""«^^ '^^ 

compagnons iTsJl ■''''' '""^"■"''^ ^^ -^--^ 
- humaine, .a^sÏ Te •"''"^.^^^«^'-- '^^ 'a misè- 
re pou/^.4:::;,;;:::---- - -n„a.- 

^e fronton des hôte s d!r T"' '" ^^"^^"''"'^'^ 

-— onde^rU^rrr^^^- 
archevIques o„ des cardinaux o! a '""' '" 
.«■â «0,000 visUenrs en « iL^e ^r '^ ^'^ 
rez la douce convictinn '^'"aine), et vous au- 

"tadelle gardant Ik^" "-"""'^ ^^* "^ P-- 
Ka aant la I-rance et la chrétienté. 



•SOUVK.VIHS n'oiTTRE-MBR 



66 



Il est impossible de visiter i„ . . 

ébranlée et chanceler ? •''°" '"^"-^dulité 

piété '""' P"""-^'^^ J«^ assauts de l'im- 

La croix et la statue .„,v 

et referont to„Jo„ f. -xrho "" ^ '""^^°"* 
jours . In jjoc signo vinces". 

Te. merveilles sans non.bre o„t ranimé ma foi • 
VoT ternies e, mo,.rir ! Lourdes i. p ' 

^ •"•"•es, ]e crois en toi ! 



* »* 



SOUVENIRS d'OUTKE-MKR 



67 



LE RESTAURANT DE I.A CHEVRE BLANCHE. 



Avant de laisser Lourdes, notons un incident 
que je pourrais appeler rare et peu banal. 

Dans la vallée de Lourdes, en plein coeur de la 
ville, le voyageur qui a besoin de rafraîchissements, 
trouve à sa main un gentil petit restaurant : 

C'est le "restaurant de la Chèvre blanche". 

Les branches de grands ormes en font les qua- 
tie murs ; le vert gazon en forme le plancher (qui 
est très solide, paraît-il), et le bleu firmament lui 
sert de voûte, qui, il est vrai, n'est pas à l'épreuve 
de la pluie : 

Ce restaurant d'un nouveau genre est donc bien 
aéré et bien éclairé. 

Un bqrg«r, entouré de chèvres dociles, est le 



6» 



SOUVINIKS DOUTRE-MBH 



maître, le jjérant et le garçon de l'établissement, 
qui est bien achalandé ; 

Il vous offre un lait riche et réconfortant à 
deux sous le verre : "rien que deux sous !" 
Vous acceptez avec empressement. 
Promptement, de ses mains agiles il trait quel- 
ques jets du précieux nectar de l'une de ses chèvres 
blanches, et vous sert avec un air tout à fait gra- 
cieux. 

Mais vous avez affaire à un berger émancipé et 
modernisé. 

Son verre est petit et s'emplit d'écume où le 
lait se fait rare. 

Pour bien vous rafraîchir, il vous faut répéter 
la dose sept ou huit fois. 

I/industrie du métier se rencontre partout, mê- 
me chez les chevriers des Pyrénées. 

* « * 



SOUVINIRS I)"oUTRE-MER 



69 



DE PARIS A ROME. 



Ayant passé quelques jours encore au pays de- 
nos ancêtres, j'étais content, après mon retour à 
Paris, et après un agréable repos, de prendre le 
train qui nous transporte de Paris à Rome. 

I^ trajet est palpitant d'intérêt : 

Ivcs Vosges, les Alpes, des vergers, des vigno- 
bles, des maisonnettes surgissent ça et là comme 
des nids au milieu de la verdure, de paisibles ha- 
meaux sur lesquels semblent planer la paix et la 
prospérité ; le tunnel du mont Cenis, dont la lon- 
gueur mesure quinze kilomètres, et qui nous donne 
des émotions, la Méditerranée a\ec st-s eaux bleues. 



.<l| 



70 



xoirVKXIHS I)'m'TlîE-Mtl! 



et diaphanes, où se mirent de belles villes et des 
caps pittoresques ; 

Turin avec ses palais royaux, ses édifices anti- 
ques, les rives animées du Pô, fréquentées par une 
armée de lavandières accourant de toutes les par 
ties de la ville, portant leurs paniers sur la tête, 
et blanchissant l'horizon de leur linge qui flotte au 
vent,: 



Gênes avec sa belle statue de Christophe Co- 
lomb, ses palais splendides, son cimetière rivalisant 
de beauté avec celui de Turin, auquel il est peut- 
êcre supérieur ; enfin avec son port de mer admira- 
ble, où l'on voit flotter les pavillons de tous les 
pays du monde. ; 

I.a Spezzia, l'ise et sa fameuse tour penchée ; 

Ces montagnes de marbre de toutes les couleurs 
bordant le littoral, ces champs fertiles, plantés d'o- 
liviers, ces nombreux tunnels où les voyageurs s'en- 
gouffrent soudain comme des ombres fugitive;, et 



«)t'VlNIB8 IVOUTRI-MER 



71 



plus loin surissent du flanc du rocher, sous le ciel 
azuré de la belle Italie : 

Tout cela est bien de nature à donner des ins- 
pirations a.-.x artistes et aux hommes de lettres. 

Mais toutes ces beautés ne sont pas compara- 
bles à celles de Rome dont je vais essayer de vous 
entretenir quelques instants. 



' 



* » * 



1 



!*Ot'VENIRS DOt'TRK-MKK 



7 3 



ROME. 



Rome, avec ses incomparables monuments, noUH 
retrace toutes les époques de l'histoire universelle. 

Où son orifrine remonte-t-elle ? 

A sept siècles et demi avant Jésus-Christ, li- 
pondent les historiens ; mais les récentes découver- 
tes arcliéologiques tendent à établir que Rome date 
de quatonte siècles avant l'ère ohrétienne, et fut 
fondée par des bergers nomades qui, n'ayant pu 
traverser le Tibre, s'arrêtèrent sur le mont Palatin 
et s'y fixèrent. 

Romulus(753 ans avant J.-C.) rebâtit la ville 
sur de nouvelles bases et l'aRrandit. 



i. 



74 



HOUVENriW I>'UUTRK-M£1I 



Rome prit alors son essor et devint florissante. 

Elle fut successivement monarchie, république, 
empire, cité papale et monarchie constitutionnelle. 

Tarquin le Superbe ayant été expulsé à la suite 
de se.s tyrannies et de ses infamies, Home se cons- 
titua en république. 

Sous le régime républicain, elle se développa 
d'une manière merveilleuse. 

I-e peuple romain, du haut de ses sept collines, 
après avoir accompli conquête sur conquête, put 
dicter ses lois à l'univers. 

Sa population atteignit alors un million d'â- 
mes. 

Dans Rome devenue empire, se livra cette lutte 
mémorable entre le paganisme et le christianisme. 

La croix triompha, et Julien l'Apostat dut s'é- 
crier dans un moment de rage et de désespoir : 



MUUVINIRN IIOUrRB-Mtll 



75 



"Tu as vaincu, Galiléen I" 

Parmi les inomiiucnt» de Rome antique, no- 
tons en passant : 

I.e Coljsùe, cette immense rotonde à cinq étapes 
pouvant contenir 80,000 spectateurs, où se don- 
naient les spectacles païens, où les chrétiens mar- 
tyrs étaient livrés aux bêtes, où coulait le sang des 
gladiateurs, où des milliers de fanatiques prêts u 
mourir pour le seul plaisir de César, venaient le .s,i 
luer en s'écriant : 

"Ave Caesar, morituri te salutanl"! 

I<e touriste est tout émerveillé de voir encore 
debout les façades et les colonnades des temples de 
Castor et Pollux, de Vesta, de Vénus, de Jupiter, 
les arcs de Constantin, de Dolabella, de Septime- 
Sévère, la tour de Néron, la colonne de Trajan, la 
statue équestre de Marc-Aurèle, les termes de Dio- 
clétien et de Titus, le Panthéon, le Capitole. 

Comment ces constructions plus que dix-huit 



! 



Il 



70 



WJUVENIRS d'outre- MEII 



fois Séculaires ont-elles pu, sans broncher, subir des 
ans l'irréparable outrage ? 

Je trouve la réponse dans ces vers sublimes de 
Victor Hugo : 



" II» ilonnèrent aux murs l'Épaisseur des montagnes, 
" L'ombre de» tours faisait la nuit .lans les campagnes." 

On voit là des murs mesurant plus de neufs 
pieds de largeur, et cette maçonnerie était consoli- 
dée i,&T le fameux ciment romain, ciment merveil- 
leux, inventé primitivement par les Egyptiens, dit- 
on, puis transmis au peuple romain, enfin perdu et 
disparu dans le démembrement et la dissolution du 
vaste empire. 

I/antiquité avait .ses architectes dont les œu- 
vres encore debout, portant l'empreinte du bon goût 
et du génie, témoignent qu'ils n'étaient pas infé- 
rieurs à ceux de nos jours. 



SOUVENIRS D'017TRK-UM 



77 



attaSé,'' '"""•" ""*•"• •'"^ '^ — - y sont 

à 1.^/''''""..? '*"* "^*'"''" ""^ '"*«»« émotion 
céron' r 'f "'* '^ """ •'"'• ''-''^°'* - Ci 



Quoiisqut taiitlem. Catilina, 
^kutere patUntui nostrâ f 

qu'il voit ce Capitole historique où étaient accla- 

do^ l5:'^"^^^'*°"^"'^• '^ -He Tarpéienne 
d ou étaient précipités les malheureux disgraciés 

r "d.u„r '" ^^^' '-' ""'^-^ «'^ semUleSn;' 
aire d une voix d'outre-tombe : 

"Sic transit gloria mundi ! " 



'11 



* » •• 



78 



SOUVENIRS DOUTBE-MKR 



Sur les débris de Rome païenne, se sont élevées 
les quatre cents églises chrétiennes que nous voyons 
aujourd'hui, et parmi lesquelles St-Pierre de Ro- 
me, St-Jean de I,atran, Ste-Marie-Majeuii;, .Sl- 
Paul-hors-les-murs, Ht-I,aurent, Ste-Marie de la 
Minerve, le Gésu, font à juste titre, l'admiration 
de l'étranger. 

Des marbres de toutes les couleurs, jjreuant les 
formes les plus gracieuses et les plus idéales sous le 
ciseau des maîtres de l'art, des fresques, des mauso 
lées, des chefs-d'œuvre de Raphaël, de Michel-Ange, 
de Léonard de Vinci, du Titien, du Dominiqum, du 
Pémgin, attestent le génie du christianisme chanté 
par Chateaubriand. 

I<e château St-Ange est un des plus curieu.x 
souvenirs du moyen âge. 

Du toit de ce gigantesque édifice qui servit au- 
trefois de château fort, vous admirez le poétique pa- 
norama de Rome et ses nombreux clochers, ses mo- 
numents, le Tibre qui serpente dans son enceinte, 



SOUVENIHS n'ODTRK-MEH 



7» 



ses collines et la campaipie romaine, nouo montrent 
à chaque étape une page intéressante de l'histoire 
ancienne. 

On y voit aussi des galeries de beaux-arts, œu- 
vres des plus grands artistes italiens, et le célèbre 
mur de la cité Léonine, avec sa porte et ses issues 
secrètes communiquant au Vatican. 

U château .St-Ange fut bâti par l'empereur 
Adrien, et complété par Antonin le Pieux ; 

Sous Honorius, il fut converti en forteresse. 

Grégoire le Grand, pendant une procession qu'il 
faisait pour conjurer le fléau de la peste ra\ageant 
alors ses états, vit l'archange St-Michel au-dessus 
du château St-Ange, remettant son épce dans le 
fourreau . 

Il comprit qu'il était exaucé : la peste cessa, 
et Rome fut sauvée. 

Pour commémorer ce prodige, Boniface IV, en 



x3B-m- 



• M f 



«0 



SOUVENIRS IMWTUE-MKR 



608, érigea sur le sommet de 1* forteresse une cha- 
pelle dédiée à l'archange St-Michel. 

Un compartiaient du fameux château servit ja- 
dis de prison, un autre servit de voûte pour y met- 
tre en sûreté les trésors de l'Eglise. 

Le pont St-Ange, qui couvre le Tibre à quelques 
pas de là, fut construit en l'an 134, par l'empereur 
Adnen, pour communiquer au château vSt-Ange ; 

Clément IX le compléta et l'embellit. 

On y admire de belles statues de saint Pierre et 
de saint Paul. 



* O * 

Les sources abondantes qui coulent du flanc des 
colhnes romaines, alimentent la ville d'une eau lim- 
pide et pure et font jaillir leurs ondes cristallines 
sur les places publiques ornées de statues, de grou- 



-■leBsiBikiamm' 



SOUVtNIBs D'OUTRE-IIEB 



SI 



♦ » » 

Rome a aussi ses légendes H,^„♦ „ . 

"IvCS oies du Canitnlo" • r 

sauveurs des Roru.T^ ' ^ ^"'■'°' "" J^»"^ ^^ 
ment). """' ^^^"^ ^''=" '>-*- probable- 

Certains monuments relifienv „ 
les souvenirs de l'ère chret Inn. '''"'"'•* 

douces légendes : ^'"^«^lenne, accompagnés de 

^'^n'^VlZ/r, %.^- ^f-^ 'les Trois-Pon- 



-.1 



82 



HUUVKNUS D'uUTBE-MSR 



Sans l'aide de la mécanique, ils trouvèrent le 
moyen de creuser ces {paieries souterraines dont 
quelques-unes, comme St-Calixte, atteignent une 
douzaine de milles de lonjirueur. 

La "Scala santa", transportée de Jérusalem à 
Rome par Ste-Hélène, est sans contredit la plus 
précieuse antiquité de la ville étemelle. 

Les nombreux musées de Rome en font un lieu 
de prédilection pour les antiquaires et les savants. 

Je vous avouerai que quelque chose m'intéres- 
sait plus que tout cela : 

C'était une audience du Saint-Père, dont je fus 
favorisé grâce à la bienveillante recommandation 
de Messire le Supérieur des tiulpiciens. 

En effet, les visiteurs se sentent saisis d'admi- 
ration et d'un certain charme mystique, lorsqu'ils 
voient arriver au milieu d'eux cet auguste vieil- 
lard tout vêtu de blanc, à l'apparence angèlique. 



«OUVtNIBs D'OUTKE-MIlt 



83 



au regard doux- et serein, reflétant dans toute sa 
personne, quelque chose de céleste. 

Quel bonheur on ressent en baisant sa main au- 
gitste, ornée de l'anneau du pêcheur, symbole de 
son autorité sublime, en entendant ce bon père dire 
quelques bonnes paroles à chacun de ses enfants, et 
les benir tendrement ! 

Il venait de donner audience à plus de cent prê- 
tres et autant de religieuses : 

Quel infatigable dévouement I 

Pie X, an regard mélancolique, à la démarche 
un peu courbée, paraît plus vieux que sur les pho- 
tographies que nous avons de lui : ce qui s'explique 
facilement par les multiples occupations et les gran- 
des responsabilités qui pèsent sur cet auguste sou- 
verain de la catholicité. 

nréH^r f**"tf "« voit toujours, avec une certaine 
prédilection, les catholiques du Canada lui présen- 
ter leurs hommages. 



81 



SOUVEXIBS DOUTKE-MKll 



Le Vatican contient de superbes musées et la 
plus belle bibliothèque de l'Europe. 

La chapelle «ixtinv est ornée de tablMax i»i- 
mitables, tels que : 

"Le jujîemcsl dernii ^■" ; 

"Dieu donnant les clefs de l'ËgUse à S. Pier- 



"Les combats de l'Eglise" ; 

"Le vaisseau de l'Eglise résistant aux flots 
courroucés' ' . 

Vous parlerai-je de la basilique de St-Pierre ? 

Comment pouvoir décrire en quelques lignes ce 
que la chrétienté a mis plus d'un siècle à édifier ? 

Les colonnades, la coupole, la façade, le tom- 
beau d'Alexandre VII, la confession de St-Pierre, 
le dôme et ses peintures inimitables, les monuments 
de Benoît XIII et de Pie IX, les tableaux de l'As- 



'«>UVBN1K8 LOUTHE-IIER 



8» 



ceMion et de l'Assomption le h«lH • 

tue. du Sauveur et des h '"^"•'ï'"''. «e» sta- 

P«rre. font de c tte ,' Ji ' '' '" ^"'"""<' ««« «t- 

'^-es.ues la plus .:!::'X^rr'''''''- ''- 

Kome possède ano.i ^. -j - 
-t remarquables, e„t; aulrls '^^^ "^''^^"^^ «>"' 

"I<a banque d'Itali» i= ■ . 
le ministère des finances iJ T- '' ''*"P"««on. 
'^r^-è.e. ,a vilirBo'r; 3et:"^^"^' '«^ ''- 
«s jardins, des hôtels maJnifi ''' '""'^*'' '' 

«Jo-e tout le confort désTrtC'"" '''"' ^•°"» 



8C 



SOUVÏNIRH d'oUTRI-MEB 



On y volt aussi des places publiques embellies 
et modernisées, où les fanfares et les orchestres vous 
régalent de la musique italienne au rythme doux 
et harmonieux. 

Le climat de Rome est beau et salubre. 

La population de la ville compte, aujourd'hui, 
575,000 âmes. 

Les touristes y affluât de toutes les parties du 
monde, et tous les amateurs d'antiquités et de 
beaux-arts, sans en excepter les protestants, se font 
un devoir de visiter ses monuments impérissables, 
siirtotit la basilique de St-Pierre. 



• O • 



W>C;VS>ri||8 D'OUTRI-MER 



87 



r.E CARACTERE ITALIEN. 



Comment expliquer le fait, qu'aux lieu et place 
de ces Romains de haut, et forte stature, invinci- 
bles sur les champs de \y. aille, l'Italie nous pré- 
sente aujourd'hui «ne race un peu au-d. .sous de la 
moyenne ? 

En cela, rien d'étonnant, si l'on considère que 
Rome fut envahie, à diverses époques, par les 

barba^l" '°''"" '" '""'"'''' '' ^"*«'' P-P'- 

Que les Romains, eux-mêmes, après avoir sub- 
jugue toutes les nations, émi^rèrent un peu par- 



Miaioconr resoiution tbt chaut 

(ANSI and ISO TEST CHART No. 2) 




^ /APPLIED IM/4GE Inc 

^^ 1653 East Main Stre«l 

Sr^i Roch«ter. New York 1*609 USA 

■^S (716) 4S2 - 0300 - Phon« 

aa (716) 288 - 5989 - Fqk 



88 



SOUVENIRS B OUTRE- MER 



tout, surtout à Byzance aujourd'hui Constantino- 
ple ; 

Le vrai type romain dut en conséquence subir 
des modifications considérables. 

L'Italie est catholique, mais l'Italien entend le 
catholicisme à sa manière et le fait marcher de pair 
avec '.e patriotisme : 

Ardent partisan de l'unité italienne, qui est 
peut-être une utopie, à cause des différences nota- 
bles dans les oriffines, les mœurs, les coutumes et 
le tempérament, des populations disséminées dans 
ce beau loyaume, l'Italien aime et vénète égale- 
ment le pape et son roi, le souverain Pontife et les 
spoliateurs de ses états, l'auguste prisonnier du Va- 
tican et le potentat qui trône à côté sur un domai- 
ne usurpe. 

Dans les masses encore imbues de l'esprit chré- 
tien ( passons sous silence le petit groupe des car- 
bonari et des impies ) , on pousse le patriotisme 



S 



SOUVENIRS d'outre-mer 



89 



jusqu'à l'excès, en acclamant les noms île Cavour, 
Garibaldi, Humbert, Victor-Emmanuel, aussi bien 
que ceux de Pie IX, Léon XIII et Pie X. 

On voit la preuve de ce bizarre enthousiasme, 
par la magnifique statue équestre érigée en l'hon- 
neur de Garibaldi sur le mont .Tanicule, et les ri- 
ches monuments rannelant la mémoire de Victor- 
Emmanuel et d'Huinbert, dans le Panthéon. 

L'Italien est vif, très intelligent et passionne':. 

11 aime la culture des beaux-arts. 

I<es beautés de son pays et de son climat, les 
chefs-d'œuvre parmi lesquels il vit, le prédisposent 
pour l'art, l'idéal, le sublime. 

Aussi, l'Italie est le pavs des artistes. 

L'Italien sait faire parler la toile et les cou- 
leurs, comme il sait faire pleurer le marbre. 

Il excelle surtout dans la mosaïque. 



«0 



SOLVEXIUS l)'oCTHE-MEH 



.Te me rappelle avoir vu, lors de l'exposition 
Colombienne à Chicago, dans le praad palais des 
Arts, une statue en marbre d'un exposant italien, 
qui fut primée. 

Cette statue représentait une veu\e en deuil : 

On distinguait son voile, et des larmes parais- 
saient couler sous ce voile. 

Comment le ciseau de l'artiste peut-il attein- 
dre cette perfection ? 

C'est là le .secret du génie italien. 

I,e culte de la Vierge Marie est très populaire 
en Italie, et les madones sont en grand honneur et 
en grande vénération. 

Mais rilalien pratique cette dévotion à sa gui- 
se, et il demandera quelquefois à la Madone, des 
choses un peu cocasses : v. g. s'il veut exercer une 
vengeance ( car il est vindicatif ) , il la priera de di- 
riger son bras pour ne pas manquer son ennemi : 



191 



SOUVENIRS d'oUTRI-MEK 



91 



mjH Demande un peu embarrassante pour la Mère 

de Celui qui pardonna à ses bourreaux. 

' ' C'est bien alors le tetnps de dire avec le poète: 



" Tant (le fiel eiitro-t-il dans rânie (le> dévots ? " 

Iv'habitant de l'Italie est très discret, et les se- 
crets sont bien gardés,— trop bien parfois. 

ly'Italien est économe et modeste dans son gen 
re de vie. 

ly'ouvrier italien trouve le moyen de bien vi- 
vre avec ses pages de quatre à cinq lires par jour. 



a 



■» »* 



SOUVENIRS l)'oi;TKE-MEIi 



93 



I.iJS CIMETIERES EUROPEENS. 



Celui qui a visité les principaux cimstières 
d'Europe, arrive à la conviction qu'ils ne peuvent 
être surpassés. 

Ceux de l'Italie surtout méritent une mention 
spéciale. 

Il ne faut pas manquer de visiter le champ des 
morts à Turin, à Gènes et à Rome. 

Pour les orner, l'on déploie toutes les ressour- 
ces de l'art ; rien n'est épargiié. 

Des chapelles où s'étalent des marbres de cou- 
leurs variées et assorties, des parvis en mosaïque, 



94 



SOUVENIRS l)'olTRK-MKR 



des statues représentant le défunt, d'autres qui per- 
sonnifient la veuve en deuil, priant sur les restes 
d'un époux, ravi à son affection, et l'ange gardien 
prenant part au deuil de la famille. 

Les vivants rivalisent à qu; rendra plus d'hom- 
mage et d'honneur à leurs morts. 

Nous nous demandons ce que nous devons le plus 
admirer dans ces vastes nécropoles, ou la richesse 
étalée, ou l'ordre, la s>Tnétrie et le bon goût obser- 
vés : c'est la cité des morts. 

Le culte des trépassés, en grand honneur parmi 
toutes les nations, nous démon clairement que la 
croyance à l'immortalité de 1'. me. est innée dans 
le cœur humain. 

L'érection et l'entretien des magnifiques cime- 
tières que nous admirons en Italie, coûtent bien 
moins cher qu'en .Amérique, le marbre s'y trouvant 
en abondance, et les artistes, à cause de leur grand 
nombre, y étant moins rétribués. 



SCL'VENIRK D()VTRG-M£K 



95 



yflti A côté du champ tUs morts, comme à Turin 

par exemple, on admire le marche aux fleurs, où 
les marchandes de fleurs s'empressent d'offrir gra- 
cieusement la flore la plus variée et la plus appro- 
priée pour l'ornement des tombeaux. Il est trts eu 
rieux de visiter à Rome les "columbaria", c'est- 
à-dire le cimetière des anciens Romains, qui avaient 
la coutume de brûler leurs morts et de déposer les 
cendres dans des urnes superbes où elles étaient 
précieusement conservées. 

r<e christianisme a cru plus sage de ne pas hâ- 
ter la destruction du corps humain, cette merveille 
du Créateur, et de laisser au temps le soin de le ré- 
duire en poussière. 



-ÏS * 



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!4<>UVaKtU DUUTBB-MEIl 



97 



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LE RETOUR. 



Il 



L'heure du retour était sonnée ; j'avais beau 
admirer mille et une merveilles sur le sel étranger, 
la voix du sol natal murmurdit dans mon cœur. 

J'étais pris d'un mal étranfre, la nostal^ii ; 

J'avais soif du Saint-Laurent. 

Au liiu de passer par Calais, voulant faire de 
la diversité, je retournai par Dieppe, dont It: port 
escarpé et pittoresque est dominé par deuv gran- 
des statues du Christ et de la Vierpe. 

Comme notre navire, le 'Dominion", s'éloi- 
gnait de cette belle terre de France, que je voyais 



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SOIVKXIIIN rtiilTKK-VKK 



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peut-être pour U clernivre foi», il me semblait que le 
divin CruciHé, dont j'entrevoyais encore l'image 
dans le port, lui adressait du haut di sa croix ce 
tendre reproche : 

" France, France, pourquoi nie i)ersécutes-tu ? 

■' l'ays que j'ai tant aimé, que j'ai parsemé de 
" sanctuaires miraculeux, que j'ai plusieurs fois 
" sauvé des mains de tes ennemis, quel mal t'ai- je 
" donc fait pour t'acharner ainsi contre moi ? " 

Mais je me consolai de cette réflexion mélanco- 
lique en pensant que l'irrélijrion en France ne rè- 
gne que dans la classe dirijrcante, que les masses 
sont encore imlnies de l'esprit chrétien, qu'unegran- 
de réaction s'opérera tôt c" tard, que la patrie de 
Clovis, de Pierre l'Ermitt, de saint I<ouis et di' 
Jeanne d'Arc ne peut périr. 

Ma seconde traversée fut aussi heureuse que la 
première. 

J'étais content de revoir la terre du Canada, et 



» )ifÊ 



VnivENiKH IHIITIIK M(;n 



or, 



||| le fleuve St-I.a«rcnt, ttiiprès (luf|.ul Us il.nvis (juc 

j'avais vus en Ivuropc me seml.lainil cKs n.i.ss.anx. 

Enfin, lors, le je touclini d'un pii-d U- l,..s 
t|irais de Monlital, que je levis la iniijisUi ..s> Mu 
done bénissant le port du Imnt du TiKlise lioiisc- 
cours, ;- ne pus retenir mes émotions, in fredonnant 
ce couplet composé ,.ar sir (itorRes-lUicnnc Car- 
tier : 



" Comme le <" un vieil adage, 
Rien n'est jcnu que son pays : 
De le chanter c'est l'usage ; 
Le mien je chante à mes airis. " 



t 



PIN 



!>«". 



TABLE 



l'ACK 

I.e dûparl 

Kn mer. . . . 

13 

Iviverpool 

I/ondres. . . . 

25 

IvC caractère anglais ,. 

Amiens 

Paris 

41 

I.e caractère français ,_ 

I(Ourdes , 

oi 

I,e restaurant de la Chèvre blanche 67 

De Paris à Rome g 

Home 

73 

I,e caractère italien. . o- 

Ives cimetières européens q. 

Le retour. . . 

97